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La controverse autour de la situation des journalistes et du respect des droits humains en République démocratique du Congo prend une tournure politique. Ce Samedi 10 octobre 2026, Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, a vivement contesté les déclarations de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila sur les conditions de travail et la sécurité des professionnels des médias. Depuis le siège du parti présidentiel, à Limete, il a notamment évoqué plusieurs affaires d’assassinats de journalistes et les violences survenues sous la précédente présidence pour remettre en question la crédibilité des critiques formulées par son prédécesseur.
Dans son intervention, le responsable de l’UDPS a reproché à Joseph Kabila de s’exprimer sur les droits humains sans, selon lui, tenir suffisamment compte des événements enregistrés durant ses années à la tête du pays.
Pour étayer son argumentation, Augustin Kabuya a cité les assassinats de journalistes, notamment Bapua Muamba, tué avec son épouse le 8 juillet 2006, ainsi que Franck Ngikie, assassiné avec son épouse Hélène le 3 novembre 2005.
Ces affaires ont servi de point d’appui à son réquisitoire contre l’ancien régime. Pour le dirigeant de l’UDPS, le passé politique de Joseph Kabila doit être pris en considération dans tout débat portant sur la protection des journalistes et les libertés fondamentales.
« Il n’est pas un modèle pour parler des droits de l’homme », a-t-il déclaré, contestant ainsi la légitimité de l’ancien président à critiquer la situation actuelle sans répondre, selon lui, aux questions soulevées par ce bilan.
Augustin Kabuya a également remis sur la table les violences associées à l’opération Likofi, lancée à Kinshasa pour lutter contre le phénomène des jeunes délinquants communément appelés kulunas.
Évoquant les conséquences de cette opération, il a fait état d’une cinquantaine de jeunes tués et de 33 autres portés disparus. Il a aussi mentionné les violences enregistrées entre 2015 et 2016, sous la présidence de Joseph Kabila.
Ces chiffres et accusations ont été avancés par le responsable de l’UDPS pour illustrer ce qu’il considère comme les contradictions du discours de l’ancien chef de l’État sur les droits humains.
Au-delà de la confrontation entre les deux camps politiques, ces questions renvoient à un enjeu majeur pour la RDC : la nécessité de faire la lumière sur les violences passées et de garantir la sécurité des journalistes, ainsi que le respect des droits fondamentaux.
Dans la suite de son intervention, Augustin Kabuya a défendu la gouvernance de Félix Tshisekedi, qu’il oppose à celle de son prédécesseur.
Il a notamment évoqué la mobilisation de jeunes autrefois associés à la délinquance urbaine, désormais présentés par le pouvoir actuel comme des acteurs de la reconstruction nationale.
« Les mêmes jeunes qu’il avait envoyés à la mort servent aujourd’hui le pays avec Félix Tshisekedi. Ils sont appelés aujourd’hui bâtisseurs », a-t-il affirmé.
Par cette comparaison, le président intérimaire de l’UDPS entend mettre en avant ce qu’il considère comme une différence d’approche entre les deux régimes. Il a, dans la même logique, estimé que Félix Tshisekedi avait apporté une nouvelle manière de conduire les affaires publiques, allant jusqu’à affirmer que le président actuel était venu « apprendre à Kabila comment on gère un pays ».
Des propos qui illustrent la volonté du parti présidentiel de défendre le bilan du chef de l’État face aux critiques de son prédécesseur.
Sur le terrain politique, Augustin Kabuya a également mis en doute les motivations de Joseph Kabila, estimant que ses prises de parole répondraient à une volonté de maintenir sa présence dans le débat national.
Le dirigeant de l’UDPS a ainsi relativisé la portée des déclarations de l’ancien président, qu’il considère comme peu convaincantes au regard des événements survenus pendant son mandat.
« Son discours est un non-événement parce que nous savons ce qu’il a fait dans son régime. Il n’est pas un modèle », a-t-il conclu.
Cette nouvelle confrontation verbale illustre la persistance des tensions entre le camp présidentiel et l’ancien pouvoir autour de la gouvernance, du bilan des institutions et de la question des droits humains en RDC. Elle replace également la protection des journalistes au centre d’un débat politique dans lequel les responsabilités du passé et les exigences du présent continuent de s’opposer.
RÉDACTION | DKM-NEWS.NET
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