La réforme constitutionnelle ne se résume pas à une modification de quelques dispositions juridiques. Elle touche à l’architecture de l’État, à l’équilibre des institutions et, plus largement, à la manière dont une nation entend organiser son avenir. C’est autour de cette réalité que la Ligue des jeunes de l’udps a réuni, ce vendredi au Cercle Elaïs de Kinshasa, plusieurs jeunes pour une session de formation consacrée aux « Enjeux, perspectives et responsabilités pour l’avenir de la République démocratique du Congo ».
Organisée avec la collaboration de la Friedrich Ebert Stiftung (FES), cette rencontre s’inscrit dans une démarche de formation et d’éveil citoyen. Dans un contexte où la question d’une réforme de la Constitution suscite des prises de position diverses au sein de la classe politique et de l’opinion, l’initiative a surtout mis l’accent sur la nécessité, pour la jeunesse, de disposer des outils nécessaires pour comprendre les enjeux avant de se positionner.
L’ouverture des travaux a été assurée par Son Excellence Yves Mbukulu, président de la Ligue des jeunes et ancien ministre de la Jeunesse et du Tourisme. Dans son intervention, il a placé le dialogue au centre de la réflexion. Une approche qui rappelle que les grandes transformations institutionnelles ne peuvent être durablement comprises et acceptées que lorsqu’elles s’inscrivent dans un espace d’échange, d’écoute et de responsabilité collective.
Comprendre la Constitution avant d’envisager sa réforme
La deuxième communication, assurée par Me Mukekenshay, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS et PCA de l’ONAPAC, a porté sur le thème : « Comprendre la Constitution et la réforme constitutionnelle ».
L’intérêt de cette intervention résidait notamment dans la volonté de replacer le débat dans son cadre juridique et institutionnel. Car avant de discuter de l'opportunité d'une réforme, encore faut-il comprendre ce qu'est une Constitution, ce qu'elle organise, ce qu'elle garantit et dans quelles conditions elle peut évoluer.
Pour les jeunes présents, cette étape de compréhension apparaît comme un préalable important dans un débat souvent dominé par les considérations politiques. La formation entend ainsi favoriser une approche davantage documentée de la question constitutionnelle.
La Constitution face aux réalités sociales
Le troisième exposé, présenté par l’honorable Diyabanza Muananene, a abordé le rapport entre la Constitution et le social.
Cette perspective a permis d’élargir la discussion au-delà des mécanismes institutionnels. Une Constitution, en effet, n’est pas uniquement un texte qui organise les pouvoirs publics : elle s’inscrit également dans une société, avec ses attentes, ses difficultés et ses aspirations.
La réflexion a ainsi replacé la question constitutionnelle dans une dimension plus concrète : celle de son impact sur la vie collective et sur les réponses que les institutions sont appelées à apporter aux préoccupations de la population.
L’expérience allemande comme miroir de réflexion
La dernière intervention a été assurée par M. Grund Constantin, représentant de la Friedrich Ebert Stiftung. Son exposé, consacré à l’expérience de la réforme constitutionnelle allemande, changé 67 fois et a apporté une dimension comparative aux échanges.
À travers l’expérience de l’Allemagne et de sa Loi fondamentale, l’orateur a insisté sur un équilibre essentiel : une Constitution qui ne peut jamais évoluer risque de ne plus répondre aux transformations d’une société, tandis qu’un texte fondamental soumis à des changements trop fréquents peut perdre une partie de sa fonction de stabilité.
Il a notamment évoqué l’évolution de la Loi fondamentale allemande, qui a fait l’objet de nombreuses modifications au cours de son histoire. L’exemple allemand présenté aux jeunes ne constituait donc pas nécessairement un modèle à reproduire, mais plutôt une expérience permettant d’interroger le rapport entre adaptation institutionnelle et stabilité démocratique.
Une jeunesse appelée à prendre part au débat national
Au fil des interventions, une idée s’est progressivement imposée : la jeunesse ne peut être uniquement spectatrice des grandes transformations qui se discutent dans le pays. Elle doit pouvoir en comprendre les fondements, en mesurer les conséquences et participer au débat avec suffisamment de recul.
Pour la Ligue des jeunes de l’UDPS, cette activité constitue ainsi un espace de formation destiné à renforcer les capacités de réflexion d’une génération appelée à prendre davantage de responsabilités dans la vie publique.
L’enjeu dépasse dès lors la seule question de savoir s’il faut ou non réformer la Constitution. Il porte également sur la qualité du débat public, la capacité des jeunes à distinguer les arguments juridiques des considérations partisanes et leur aptitude à contribuer, avec responsabilité, aux choix qui engagent l’avenir de la République démocratique du Congo.
Dans une société où les débats institutionnels peuvent rapidement se transformer en affrontements politiques, la formation a ainsi tenté d’ouvrir une autre voie : celle de la connaissance, de l’échange et du dialogue.
Les travaux se sont achevés dans une atmosphère solennelle par l’exécution de l’hymne national, suivie d’une photo de famille réunissant les différents intervenants et participants.
RÉDACTION | DKM-NEWS.NET