Augustin Kabuya et Christophe Mboso Nkodia Mpwanga ont réagi, mardi 13 octobre 2026, à l’annonce du positionnement de l’ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), à Goma, au Nord-Kivu. Les deux responsables politiques ont évoqué les précédentes déclarations de Félix Tshisekedi sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et exposé leur analyse de la situation.
La question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a figuré parmi les sujets abordés lors d’une rencontre entre Augustin Kabuya et Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, organisée mardi au bureau privé du responsable de l’UDPS/Tshisekedi, à Kinshasa.
Les échanges sont intervenus dans un contexte marqué par l’annonce du positionnement de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), à Goma, dans la province du Nord-Kivu. À cette occasion, les deux personnalités ont commenté les implications politiques de cette évolution et les avertissements antérieurement formulés par le président Félix Tshisekedi au sujet de la situation dans l’Est du pays.
Christophe Mboso revient sur les déclarations de Félix Tshisekedi
Prenant la parole à l’issue de la rencontre, Christophe Mboso a estimé que les développements actuels rejoignaient les mises en garde précédemment exprimées par le chef de l’État concernant son prédécesseur.
« S’agissant des questions sécuritaires avec l’ancien chef de l’État qui devient rebelle, c’est une grande première dans l’histoire du monde et des pays africains. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le président Félix Tshisekedi est un prophète. Il avait prévenu auparavant et aujourd’hui, ça s’est réalisé », a déclaré l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Christophe Mboso a également précisé que sa rencontre avec Augustin Kabuya visait à échanger sur plusieurs activités susceptibles d’être menées conjointement, notamment au Parlement, dans le cadre de l’Union africaine et en matière d’organisation des partis politiques.
Il a par ailleurs souligné le rôle de l’UDPS dans le paysage politique congolais, qualifiant cette formation de parti phare.
Kabuya évoque le rôle présumé de Joseph Kabila
De son côté, Augustin Kabuya a déclaré que le positionnement annoncé de Joseph Kabila ne surprenait pas le camp présidentiel. Selon lui, cette évolution rejoint les déclarations antérieures de Félix Tshisekedi sur la crise sécuritaire dans l’Est.
« Ce n’est pas une surprise. Le président Félix Tshisekedi l’avait déjà dit et certaines personnes ne voulaient pas croire en son message, mais aujourd’hui, nous sommes tous rattrapés par l’histoire », a affirmé le secrétaire général faisant fonction de président a.i. de l’UDPS/Tshisekedi.
Augustin Kabuya a également fait référence aux déclarations qu’il attribue à Corneille Nangaa, responsable de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), concernant le rôle que Joseph Kabila aurait joué au sein de cette organisation politico-militaire.
« Et même Corneille Nangaa l’avait déjà dit : c’était Kabila leur chef et lui n’était qu’une marionnette. Aujourd’hui, Kabila a décidé de récupérer son poste », a-t-il déclaré.
Ces propos constituent l’interprétation défendue par Augustin Kabuya. Les éléments évoqués lors de cette rencontre ne permettent pas, à eux seuls, de vérifier indépendamment les affirmations concernant le rôle de l’ancien président.
Une comparaison avec l’ancien dirigeant angolais Jonas Savimbi
Au cours de son intervention, Augustin Kabuya a comparé la situation de Joseph Kabila à celle de Jonas Savimbi, ancien dirigeant de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), qui a combattu le pouvoir angolais pendant plusieurs décennies.
« Kabila finira comme Savimbi », a-t-il déclaré.
Pour expliquer cette comparaison, il a fait référence à la confrontation de Jonas Savimbi avec la communauté internationale.
« Si j’ai dit qu’il va finir comme Savimbi, c’est qu’à l’époque, Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Aujourd’hui, Kabila l’a fait », a affirmé le responsable de l’UDPS.
Augustin Kabuya a également soutenu que son camp était informé des changements intervenus dans la direction de l’AFC/M23. Il a attribué au président rwandais Paul Kagame la décision de placer Joseph Kabila à la tête de la rébellion. Cette affirmation n’a pas été établie indépendamment dans le cadre des déclarations rapportées.
Évoquant les précédents historiques angolais, il a estimé que la situation congolaise pourrait connaître une évolution comparable.
« Quand on regarde aussi la situation du président Eduardo dos Santos (civil) et de Savimbi (militaire), l’histoire risque de se répéter encore cette fois-ci, ici chez nous. Kabila s’entête et défie la communauté internationale. Voyons ce que l’avenir nous réserve », a-t-il conclu.
Jonas Savimbi a été tué en février 2002 lors d’une opération des forces gouvernementales angolaises. Sa mort a contribué à ouvrir la voie à la fin de la guerre civile en Angola.
Les interventions de Christophe Mboso et d’Augustin Kabuya témoignent des positions exprimées par ces deux responsables politiques face aux développements annoncés autour de Joseph Kabila et du FRN. La question de la crise sécuritaire dans l’Est demeure ainsi au centre de leurs préoccupations, tandis que les accusations et interprétations formulées au cours de cette rencontre restent attribuées à leurs auteurs.
RÉDACTION | DKM-NEWS.NET